13/10/2005

Le dégel du permafrost

Le permafrost est un terme de géologie qui désigne un sol dont la température se maintient en permanence inférieure ou égale à 0°C, pendant une période de deux ans. On parle aussi de "pergélisol", ainsi que de "tjäle" (en suédois) et de "merzlota" (en russe).

Sources http://www.actualites-news-environnement.com/20050829-per...

http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=91&am...

Le temps passe et les signes inquiétants des conséquences du réchauffement climatique se multiplient.

La plus grande tourbière gelée du monde serait en train de fondre pour la première fois depuis sa formation il y a 11000 ans. Le dégel aurait débuté il y a trois ou quatre ans. La superficie concernée est de un million de kilomètres carrés, soit la superficie de la France et de l'Allemagne réunies.

« Aux yeux du botaniste russe, Sergueï Kirpotine, ce phénomène est «une catastrophe écologique probablement irréversible et sans le moindre doute liée au réchauffement climatique». Dans cette région du monde, on constate que le réchauffement est plus important que partout ailleurs, la température moyenne y aurait ainsi progressé de 3°C ces quarante dernières années, souligne le «New Scientist». »

Ce phénomène de réchauffement du permafrost sibérien inquiète les scientifiques dans la mesure où il tend à s'auto-alimenter: en fondant, la glace de surface laisse apparaître le sol dénudé - la tourbe - qui absorbe davantage encore le rayonnement solaire.

Qui plus est, ces épaisseurs de tourbe gelée qui se sont accumulées durant des milliers d'années présentent la particularité de retenir prisonniers plusieurs milliards de tonnes de méthane, un gaz à effet de serre potentiellement vingt fois plus nocif pour le réchauffement que le CO2. Si elles venaient à être libérées dans l'atmosphère, ces énormes quantités de méthane risquent de doper encore le phénomène de réchauffement planétaire.

En résumé, la situation serait la suivante :

  • Lors des dernières décennies, la température moyenne en Arctique aurait augmenté deux fois, voire trois fois, plus vite que celle du reste de la planète.
  • La fonte de la banquise contribue davantage au réchauffement de la planète en laissant place à des zones plus sombres favorisant l'absorption du rayonnement solaire ainsi qu'une montée des eaux.
  • L'ours polaire et d'autres espèces arctiques disparaissent.
  • La pollution risque de s'accroître avec l'ouverture de nouvelles routes maritimes et l'exploitation des ressources minières de cette zone.
  • Le permafrost fond et l'érosion côtière est importante.

Quels seront les prochains signes catastrophiques du réchauffement climatique ?

Les arbres ne sont pas des pièges à CO2.

Pour continuer les bonnes nouvelles, voici les résultats d’une expérience (étude parue dans l'édition du 26 août de la revue Science) sur les capacité des arbres matures à pièger le CO2.

Source http://www.scom.ulaval.ca/Au.fil.des.evenements/2005/09.0...

« L'induction artificielle d'une hausse de la concentration de ce gaz pendant quatre années ne s'est pas traduite par une augmentation de la biomasse chez des arbres matures (…). Les chercheurs ont même découvert qu'une hausse du CO2 ambiant pouvait accroître significativement la quantité de gaz carbonique émis par les sols forestiers. »

(pour les détails de la mise en œuvre de l’expérience, voir sources)

Conclusion, « Au terme de quatre années d'enrichissement carbonique, la croissance des 14 arbres étudiés se comparait à celle des arbres témoins. Pendant cette période, la concentration de CO2 a pourtant été maintenue à un niveau dépassant de 40 % le taux normal de gaz carbonique dans l'atmosphère terrestre. Par ailleurs, les chercheurs ont noté un accroissement du flux de carbone et de la photosynthèse, ce qui s'est traduit par une hausse de la production de sucres dans les racines. Les principaux bénéficiaires de cette hausse ont été les microbes du sol qui se nourrissent de ces sucres, ce qui a provoqué une élévation de 40 % des émissions de CO2 par le sol forestier. Encore là, le piège à CO2 tant espéré ne s'est pas matérialisé. »

Steeve Pépin refuse toutefois de généraliser les conclusions de cette étude à l'ensemble d'une forêt parce que la réponse des arbres peut varier en fonction de leur espèce et de leur âge. "La technologie d'enrichissement en CO2 adaptée aux arbres de grande taille que nous avons mise au point permet d'explorer les effets d'une élévation de ce gaz dans différents types de forêts matures, signale le chercheur. Il serait bon de tester l'effet réel d'un tel enrichissement dans divers écosystèmes forestiers avant d'avancer des chiffres trop optimistes sur le potentiel de piégeage de CO2 par les forêts", suggère-t-il.

La sécheresse responsable d’émission de CO2.


Sources :

http://www.futura-sciences.com/news-inquietant-impact-sec...

http://dbs.cordis.lu/cgi-bin/srchidadb?CALLER=NHP_FR_NEWS...

Des chercheurs du Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement, unité mixte CEA-CNRS, en association avec l'INRA et de nombreux laboratoires européens du projet CarboEurope, ont analysé les impacts de la sécheresse survenue durant l'été 2003 et ont montré que ce type d'événement pouvait modifier à long terme et de manière significative les échanges de gaz carbonique du continent et donc le fonctionnement des écosystèmes. Ces résultats font l'objet d'une parution dans la revue Nature du 22 septembre 2005.

La communauté scientifique estime généralement que le réchauffement climatique du XXIème siècle en Europe et aux latitudes tempérées entraîne une augmentation de la productivité végétale à cause, entre autres, du rallongement de la saison de croissance au printemps et de la séquestration de carbone par la végétation. Les résultats obtenus par les chercheurs montrent que de fortes sécheresses, telles celles rencontrée en 2003, ont au contraire un effet négatif sur la production de biomasse et le fonctionnement des écosystèmes.

Les estimations ont été réalisées à l'aide de données recueillies auprès de 100 sites différents à travers l'Europe et basées sur l'analyse d'échantillons d'air afin de quantifier la présence de CO2 et de recenser les échanges de ce gaz entre les écosystèmes et l'atmosphère.

"La chaleur excessive entraîne le dépérissement des forêts, accélère la perte de carbone des sols et fait passer la terre du statut de puits de carbone à celui de source de carbone pour l'atmosphère", commente Inez Fung, membre de l'équipe de l'université de Californie, Berkeley.

Pour tout renseignement complémentaire, consulter le site web suivant:
http://www.carboeurope.org/

05/10/2005

Les pénuries d'eau

Le manque d'eau douce va aussi se faire sentir [la quantité d’eau disponible par habitant est passée de 12 900 m3 en 1970 à moins de 7 000 m3 aujourd’hui, et elle devrait descendre à 5 100 m3 en 2025] ! En effet, les glaciers jouent un rôle énorme dans la distribution "permanente" de cette eau. Eux disparus, nos réserves ne seront plus alimentées que par les pluies, ce qui va nous rendre extrêmement dépendant des caprices de la nature. Nous devrons donc certainement nous rabattre sur les lacs et les nappes phréatiques, mais, même sans parler des problèmes de quantité et de qualité, il va nous falloir repenser tout le système de distribution. Et il ne faut pas non plus oublier que l'eau est nécessaire pour les cultures et certaines industries, qui risquent donc d'être fortement perturbées quand le débit des rivières ne sera plus suffisant.

Texte rédigé par TM sur VieRurale.

La fonte des glaciers

La première conséquence de ce réchauffement concerne, bien évidemment, la fonte des glaces. Pour ne donner que quelques exemples, sur les 100 dernières années, les glaciers des Rocheuses du Canada ont diminués de 75% en volume, ceux du Kilimandjaro de氰ש0%, ceux des Pyrénées espagnoles de 80%.
[Récapitulatif sur Harmonie Terre]

Même l'Arctique fond de plus en plus vite, (...)puisque la fonte totale de sa calotte, l'été, est prévue à l'horizon 2040 [d'après l'étude sur l'impact des changements climatique en Arctique (ACIA)] !

 

Ilulissat, à 250 km au nord du cercle arctique, avec son fjord glacé parsemé d'icebergs, a été inscrite en 2004 au patrimoine de l'Unesco. Mais son glacier, Sermeq Kujalleq, a reculé de plus de 11 km depuis les années 60. Le glacier Kangerdlugssaq, sur la côte Est du Groenland, est devenu l'un des plus rapides au monde : il se déplace à une vitesse annuelle de 14 km d'ouest en est vers la mer contre 5 km par an en 1988 !

Du côté de l'Antarctique, même si la température a moins augmenté, l'effondrement d'énormes pans de la plate-forme glacière de Larsen-B au cours des 10 dernières années est le plus important depuis au moins 10.000 ans.

Du coup, il faut forcément s'attendre à une élévation du niveau de la mer. Effectivement, celle-ci est déjà monté d'une vingtaine de centimètres, et on prévoit une élévation d'un mètre à plus ou moins longue échéance. Même si le niveau de la mer va plus s'élever du fait de la dilatation de l'eau (qui augmente de volume quand la température augmente) plutôt que par l'apport des fontes, il serait assez naïf de penser qu'une simple surélévation des digues permettra de contenir le phénomène.

D'une part, certaines zones, et non des moins peuplées (comme les îles ou les delta), n'auront pas la possibilité de se protéger derrière des barrières de béton, mais surtout, l'eau profite des marées, ou des résurgences, pour venir polluer les cultures et les nappes phréatiques en y déposant son sel.

 

article rédigé par TM sur www.VieRurale.com 

19/09/2005

le compteur des gaz à effet de serre

Souvent, lorsque j'aborde le problème de changement climatique, on me dit que les variations ont toujours existé, que le soleil joue un rôle important, etc.

J'arrive à répondre à ces arguments grâce à ma formation universitaire en géologie et aux nombreux articles scientifiques qui montrent que ce qui se produit actuellement sur terre n'a jamais eu d'équivalent par le passé!

 

Les études des 740 000 dernières années de climat réalisée grâce aux forages des glaces de l'Antarctique sont formelles : si les relations entre le Soleil et la Terresont les premières causes de variation du climat, elles ne suffisent pas!

Je vous propose donc de lire une partie de l' interview  de Jean Jouzel, par Sylvestre HUET, pour Libération, en juin 2004:

 

Quelle leçon tirez-vous de l'étude des 740 000 dernières années de climat réalisée grâce aux forages des glaces de l'Antarctique ?

Le résultat le plus spectaculaire, et le plus instructif pour notre avenir climatique, porte sur la période chaude, située il y a 400 000 ans. Les astronomes nous l'avaient signalé: il s'agit de la phase la plus similaire à celle que les hommes connaissent depuis 10 000 ans, l'holocène. Du moins pour les relations entre le Soleil et la Terre, première cause de variation du climat. Mais nous manquions de données précises sur sa durée et, surtout, sur l'évolution de l'effet de serre lors de cette période. Les glaces de l'Antarctique nous disent que cette phase a duré 28 000 ans, contre 15 000 maximum pour les trois interglaciaires qui ont suivi. Elles nous montrent aussi un effet de serre remarquablement stable, avec un gaz carbonique à 280 parties par million (ppm) et le méthane à 680 parties par milliard (ppb) dans l'atmosphère. La Terre d'aujourd'hui était donc partie, naturellement, vers un climat stable pour près de 20 000 ans encore, comme le suggéraient les calculs de l'astronome André Berger. Sauf que nous avons explosé le compteur des gaz à effet de serre. La teneur en gaz carbonique est déjà passée de 280 à 370 ppm depuis la révolution industrielle. Et le méthane a grimpé de 650 à 1 750 ppb. Plus grave : si nous persistons à augmenter nos émissions ­ par l'usage massif du charbon, du gaz et du pétrole comme par la déforestation ­ nous pourrions atteindre près 1 000 ppm de CO2 en 2 100. A la stabilité promise par la nature, nous substituons, ce faisant, le risque d'une excursion brutale, instantanée à l'échelle géologique, dans un climat inconnu sur Terre depuis des millions d'années.

Que peut-on dire de certain sur le climat futur si les émissions de gaz à effet de serre continuent de croître ?

L'analyse de la recherche mondiale menée sur le sujet par le GIEC permet de dégager des points importants. Les incertitudes initiales, il y a quinze ans, se sont estompées. S'y nous n'y prenons pas garde, nous provoquerons un réchauffement d'environ 3 °C à l'horizon 2 100. C'est la valeur moyenne des simulations informatiques nous permettant d'explorer les conséquences de nos émissions, les valeurs extrêmes montant à près de 6 °C. Cette moyenne masque des variations bien plus brutales. De 4 à 5 °C sur l'Europe, mais de 8 °C à 10 °C sur les hautes latitudes nord, les océans se réchauffant moins vite. L'Europe du Nord serait affectée de pluies surabondantes l'hiver, tandis que le pourtour méditerranéen subirait des sécheresses accrues l'été. Inondations pour les villes du Nord, pénurie d'eau, source de conflits géopolitiques, au sud.

Une hausse de 50 cm des océans concernerait par ailleurs directement 200 millions de personnes. Une hausse pratiquement irréversible et qui se poursuivra plusieurs siècles au même rythme. La fonte accélérée des glaciers continentaux modifiera le régime des fleuves. La biodiversité souffrira en raison de la rapidité des changements. Nous pouvons donc, en un demi-siècle, enclencher un bouleversement climatique majeur, irréversible, dont les conséquences pèseront sur nos petits-enfants.

Où se situent les principales incertitudes des scientifiques ?

L'amplitude et le rythme du réchauffement demeurent dans une fourchette de deux ou trois degrés pour un même scénario d'émission de gaz à effet de serre. Et il reste très délicat d'explorer les dimensions régionales du changement. La variabilité climatique, donc la fréquence des événements extrêmes, semble devoir augmenter, mais nous avons du mal à la quantifier. De même pour la fréquence des cyclones. Les précipitations, comme les régimes de mousson, résistent à la simulation, alors qu'il s'agit de paramètres décisifs pour l'agriculture et la sécurité alimentaire. Les modes climatiques ­ El Niño, l'oscillation Nord-Atlantique ­ sont encore mal compris. Or, ils affectent l'économie, l'agriculture, les pêches... En outre, on ne peut écarter de bonnes ou de mauvaises surprises. Un effet atténuateur nous a peut-être échappé. Inversement, on peut craindre que le cycle du carbone change et libère massivement du gaz carbonique dans l'atmosphère. Ou que du méthane piégé dans le pergélisol (sol gelé en permanence, ndlr) soit brusquement relâché, emballant l'effet de serre. Nous travaillons d'arrache-pied pour réduire ces incertitudes. Mais il ne faut pas attendre pour agir, en raison de l'inertie du système climatique. Dans cinquante ans, il sera trop tard.

Pour éviter un dérapage, à quel niveau devons-nous limiter nos émissions de gaz à effet de serre ?

La Convention climat de l'ONU, signée et ratifiée par de nombreux Etats, stipule qu'il faut stabiliser l'effet de serre. Nous ne pouvons plus nous fixer pour objectif de le réduire à son niveau préindustriel. Ni d'éviter tout changement climatique. Un niveau de 450 ou 500 ppm de gaz carbonique, qui pourrait limiter le réchauffement à environ 2 °C, semble un objectif réaliste. Il exige néanmoins que les émissions mondiales culminent à 12 milliards de tonnes de carbone en 2020, contre 8 aujourd'hui. Puis qu'elles redescendent au niveau actuel en 2 040 pour terminer le siècle à 2 milliards. Il suffit de comparer ces chiffres aux 25 à 30 milliards couramment évoqués par les prospectivistes pour 2 100 pour mesurer l'effort à accomplir. Cet effort doit commencer dès maintenant dans les pays riches ­ principaux pollueurs historiques ­ si l'on veut y rallier dans l'avenir des pays en voie de développement qui ont un besoin crucial d'énergie pour sortir des milliards de gens de la pauvreté.

 

10/08/2005

Le choléra

Selon une étude parue dans Nature : Refractory periods and climate forcing in cholera dynamics,  Le dérèglement du climat contribue à la diffusion du choléra.

Une étude réalisée au bengladesh sur les quarantes dernières années, confirment une corrélation longtemps soupçonnée par la communauté scientifique.

22/06/2005

Les effets du changement climatique.



Voici une petite synthèse des interaction entre le changement climatique et les problèmes globaux, trouvé sur le site terresacree.org

Pour agrandir l'image :
risques.jpg

31/05/2005

Les pays pauvres au premier rang

Un autre point fait l'unanimité chez les spécialistes : le dérèglement du climat touchera plus durement les pays pauvres que les pays riches. Car si, comme les experts le prédisent, l'effet de serre conduit à l'apparition fréquente de phénomènes climatiques brutaux comme des sécheresses ou des inondations, les pays pauvres seront évidemment plus vulnérables face à ces catastrophes que les pays développés. Ils lutteront plus difficilement contre les dégâts provoqués sur le plan environnemental, mais aussi sur le plan médical. "À la différence des pays pauvres, les pays riches peuvent prendre des mesures plus rapides et mobiliser les moyens techniques nécessaires pour faire face à ce type de catastrophe", explique François Rodhain, spécialiste de l'écologie des systèmes vectoriels des maladies infectieuses à l'Institut Pasteur.
Anne Lindivat

20/04/2005

Le changement climatique

Une série de rapports internationaux très inquiétants montre que les changements climatiques - dont on pensait initialement qu’ils se déploieraient sur plusieurs siècles - pourraient être en train de s’emballer et intervenir beaucoup plus brusquement que prévu. Ils précipiteraient alors l’ensemble de l’humanité dans l’une des pires catastrophes qu’elle ait connue.

« Il n’est aujourd’hui pas possible d’exclure quelques milliards de morts comme conséquence ultime d’une transition climatique qui se situerait dans le haut de la fourchette des projections disponibles » souligne Jean-Marc Jancovici, spécialiste du réchauffement climatique.



Hakim Rémi

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