21/03/2005

Le sud condamné aux sécheresses à répétition ?



Selon les modèles de Météo-France, les températures françaises grimperont surtout l'été et surtout dans le sud. Les précipitations augmenteront en hiver, surtout dans l'ouest et le nord-ouest. Au contraire le sud enregistrera un déficit pluviométrique l'été et une baisse de ses réserves d'eau. Dans le nord alpin, le nombre de jours d'enneigement baissera de quelque 20% à 1.500 mètres mais restera probablement inchangé à 2.000 mètres.

Cette prévision, apparemment pessimiste, suppose pourtant que la France divisera par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050, objectif affiché de Jean-Pierre Raffarin. La concentration de CO2 a déjà été multipliée par 1,3 au siècle dernier, entraînant une hausse planétaire du thermomètre de 0,6° et de 0,9° en France.

TF1.fr, le 30 octobre 2003

25/02/2005

- L' IMPACT SUR LA SYLVICULTURE

Conséquences pour la France
(Les informations sont tirées de : IMPACTS POTENTIELS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE EN FRANCE AU XXIE SIÈCLE - SECONDE ÉDITION - 2000 du ministère de l'environnement)

- L' IMPACT SUR LA SYLVICULTURE

La forêt et la sylviculture sont, elles aussi, concernées par les conséquences de l'effet de serre : modification du régime thermique, modification des précipitations et de la réserve en eau des sols, influence directe de l'augmentation du dioxyde de carbone. Ces divers facteurs vont avoir des effets différents suivant les espèces d'arbres, les régions, les sols ; la prévision de l'évolution globale est bien difficile dans l'état actuel des connaissances.
Néanmoins, quelques grandes tendances de l'évolution possible peuvent être dégagées. Certaines espèces dont l'extension vers le nord est actuellement limitée par les minima thermiques hivernaux (pin maritime, pin d'Alep, chêne pubescent, chêne vert) auraient une possibilité d'extension vers le nord, alors qu'elles pourraient rencontrer des difficultés dans certaines parties de leurs zones actuelles du fait de l'augmentation des déficits hydriques. Ce pourrait par exemple être le cas du Pin maritime en Aquitaine.
L'augmentation des contraintes hydriques pourrait compromettre la production et même l'existence de certaines forêts actuelles de la moitié nord de la France, en particulier les hêtraies sur sols superficiels ; cette assertion doit être modulée suivant la réserve hydrique des sols et suivant la réaction particulière des différentes espèces d'arbres (notamment la réduction ou non de l'évapotranspiration en présence d'un taux de dioxyde de carbone augmenté). Des mesures
d'adaptation semblent possibles tant sur le choix des espèces et des génotypes que sur la conduite des travaux forestiers.

24/02/2005

- L' IMPACT SUR LA SANTÉ

Conséquences pour la France
(Les informations sont tirées de : IMPACTS POTENTIELS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE EN FRANCE AU XXIE SIÈCLE - SECONDE ÉDITION - 2000 du ministère de l'environnement)

- L' IMPACT SUR LA SANTÉ

La prévision de l'impact du changement de climat sur la santé nécessite un certain nombre de spéculations.
On peut néanmoins supposer que les saisons "normales" du milieu du XXI e siècle reproduiront sensiblement les saisons anormalement chaudes déjà observées et en tirer des enseignements quant à l'impact sur la santé de conditions climatiques nouvelles.

Cet impact sera plus important sur les sujets déjà sensibles pour d'autres raisons, notamment les personnes âgées et les malades chroniques.
Le changement climatique devrait avoir une influence sur la répartition de la mortalité entre les saisons. On peut s'attendre à une certaine diminution de la mortalité en hiver et à une assez franche surmortalité en été. La répartition géographique de ces changements ne serait pas homogène sur le territoire. Des prévisions plus précises nécessiteraient une meilleure connaissance de la répartition journalière des températures et de leur répartition annuelle : y aura-t-il par exemple une augmentation des fortes chaleurs de fin
de printemps ?

Les pathologies les plus susceptibles de contribuer à un excès de mortalité, suite au changement du climat, sont les maladies cardiovasculaires et cérébrovasculaires. Mais d'autres pathologies sont susceptibles de voir leur occurrence augmenter : les maladies de l'appareil respiratoire, en relation avec l'évolution de la qualité de l'air, les lithiases, les naissances prématurées, les troubles psychiques.
Parmi les effets indirects, on peut prévoir l'augmentation du risque d'intoxications alimentaires et de contamination par les systèmes de climatisation.


Le changement de climat étant propice pour nombre de vecteurs de maladies (tiques, moustiques, phlébotomes), on peut pour certains d'entre eux, s'attendre à leur extension géographique, à l'allongement de leur longévité et à un raccourcissement de la durée du développement de l'agent infectieux chez le vecteur.

Le risque de développement des maladies à vecteur tant en métropole que dans les DOM-TOM risque donc d'augmenter. Il sera important de mettre en place un dispositif de surveillance épidémiologique et entomologique.

La prévision de l'impact sur la santé du changement climatique s'avère un exercice d'une grande difficulté. Des effets bénéfiques pourront coexister avec les effets négatifs. Il faut enfin souligner les marges d'incertitude qui existent sur les données climatiques futures et l'importance de la prise en compte des cofacteurs.

- L' EFFET SUR LES EAUX SUPERFICIELLES ET SOUTERRAINES

Conséquences pour la France
(Les informations sont tirées de : IMPACTS POTENTIELS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE EN FRANCE AU XXIE SIÈCLE - SECONDE ÉDITION - 2000 du ministère de l'environnement)

- L' EFFET SUR LES EAUX SUPERFICIELLES ET SOUTERRAINES


L'étude des effets possibles sur l'écoulement des eaux superficielles repose aussi sur la modélisation numérique appliquée cette fois au comportement d'un bassin versant. L'écoulement résulte des précipitations et du partage au sol des précipitations entre l'évapotranspiration, l'infiltration vers les nappes souterraines et le ruissellement. Après calage sur des données réelles observées, le modèle a été appliqué à un scénario de précipitations et de températures supposées représentatif du climat modifié. Il faut souligner que cet exercice nécessite des scénarios précis quant à la répartition sur l'année des précipitations. La modélisation a été appliquée à un bassin versant particulier, celui de la Dore, en Auvergne.

L'évolution qui se dessine est l'occurrence de crues plus accentuées et plus fréquentes en hiver et des étiages plus marqués l'été. Mais des conclusions précises pour d'autres bassins versants nécessiteraient d'autres études pour prendre en compte à chaque fois les particularités locales. En ce qui concerne les nappes souterraines, l'impact du changement climatique devrait être différent suivant leur type : les nappes les plus étendues devraient voir leur niveau moyen s'élever légèrement, l'irrégularité accrue des approvisionnements entre saisons et années devrait se répercuter sur le régime des nappes locales à faible réserve, comme celles des massifs anciens ou celles à vidange rapide (karst).

- L' IMPACT SUR L' AGRICULTURE

Conséquences pour la France
(Les informations sont tirées de : IMPACTS POTENTIELS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE EN FRANCE AU XXIE SIÈCLE - SECONDE ÉDITION - 2000 du ministère de l'environnement)

- L' IMPACT SUR L' AGRICULTURE

On peut prévoir que l'effet de serre aura plusieurs types d'impacts sur l'agriculture française : sur les productions elles-mêmes, sur les filières amont, sur l'environnement, sur l'espace rural.

L'étude menée sur les céréales montre une augmentation des rendements compte tenu de la fertilisation carbonée que constitue l'augmentation de la concentration atmosphérique du dioxyde de carbone. Pour d'autres productions, comme pour la vigne, le résultat pourrait être contraire à cause de la réduction attendue du cycle de végétation.

On peut s'attendre également à une plus grande compétitivité des mauvaises herbes et à des conditions plus favorables au développement des maladies cryptogamiques et des insectes. Dans tous ces cas, il faudra renforcer la lutte.
Par ailleurs, la donnée de la variabilité temporelle après le réchauffement climatique serait très importante pour estimer l'impact réel du changement climatique.

Sur le plan économique, les augmentations attendues des productions pourraient se traduire par une déstabilisation accrue des systèmes de production déjà fragiles aujourd'hui, par une réorientation de tous ces systèmes au gré de l'intervention publique pour soutenir les cours et pour réguler l'émission par l'activité agricole de gaz à effet de serre.
Si, comme on le prévoit, la variabilité du climat augmente, cela ne serait pas non plus sans conséquence sur les systèmes de production les plus fragiles.