30/05/2005

Le transport (TM , www.VieRurale.com)

TM www.VieRurale.com

Les transports : 250 kg (50% de 500 kg)

Préambule

Alors que dans l'objectif facile, nous nous efforcions de faire des économies sans changer de véhicule, cette contrainte n'est plus de mise ici. Par contre, il est fondamental de garder à l'esprit la donnée suivante : jusqu'à présent, toutes les avancés technologiques qui auraient dû nous faire diminuer nos émissions, ont été englouti par l'augmentation de nos besoins !

Autrement dit, cela ne sert à rien d'améliorer les véhicules si nous roulons plus, ou si nous sommes plus nombreux à le faire, ou si nous les achetons plus gros. La seule solution qui soit réellement efficace, pour limiter le public dans sa soif de consommation, est le prix (ou l'interdiction). Bien que ce type de proposition engendre toujours une levée de bouclier, elle permettrait de protéger les plus défavorisés tout en étant applicable immédiatement, 2 avantages qui méritent qu'on y réfléchisse ! [lire l'article de Jean-Marc Jancovici : La taxe, sinon rien !]

Étant donné la gravité et l'urgence de la situation, des actions plus radicales peuvent être trouvées, mais nous les étudierons dans la partie Agir publiquement. Ceci dit, partons du principe que nous sommes tous des personnes raisonnables, et étudions les solutions à notre disposition.

Une dernière remarque sur la notion de voiture propre, qui ne possède pas la même définition dans ce dossier que chez les constructeurs automobiles. En effet, ceux-ci ont, depuis quelques années, entrepris des travaux importants pour limiter la pollution de leurs véhicules, et nous leur en sommes gré [voir CCFA - Comité des Constructeurs Français d'Automobiles]. Malheureusement, pratiquement tous les rejets ont été réduit (plomb, particules, monoxyde de carbone, ...) sauf le gaz carbonique ! Les nouvelles gammes sont donc propres, au sens où elles rejettent moins de gaz nocifs à la santé humaine, mais elles sont toujours aussi sales qu'avant, au sens des gaz à effet de serre.



Notre seule référence restera donc, encore et toujours, la fiche constructeur (qui doit préciser la quantité de CO2 émise au kilomètre) et non la plaquette commerciale.

* Objectif final : rejets 0

Lorsque l'on commence à réfléchir sérieusement au problème, on découvre rapidement que les arguments ne sont pas aussi simple qu'il y paraît. Le diesel est-il plus propre que l'essence ? Oui si on en croit les émissions données par les fiches constructeurs, non si on regarde le tableau classant les carburants. Si on y réfléchit, il est vrai que l'on ne parle pas de la même chose. Le carburant diesel, quand il est consommé, dégage plus de CO2 que l'essence, cycle de vie compris, mais la voiture diesel dégage moins de CO2 au kilomètre parcouru. En final, dois-je acheter une diesel ou une essence, sachant que l'on devrait aussi tenir compte du cycle de vie de la voiture ?

À taille de voiture équivalente, il semble clair que je dois privilégier une voiture électrique. À condition, bien sûr, que cette électricité ne soit pas produite à partir d'une centrale thermique fonctionnant au charbon [en France, 95% de l'électricité n'émet pas de CO2] ! Finalement, le summum consiste certainement à me rendre à mon travail à cheval, mais je ne suis pas sûr d'être équipé pour... Il me reste aussi la solution de rester à la maison, mais ce n'est malheureusement encore pas possible tout de suite.

Mon intention étant quand même de proposer des solutions réalistes, et en attendant qu'une taxe sur les carbones clarifie tout ça,

[lire l'article de Jean-Marc Jancovici : Combien plus cher payerions nous les choses avec une taxe carbone ?]

je vais le faire dans l'ordre décroissant des gains estimés (par ma modeste personne !), et vous inviter à choisir la première que vous pourrez mettre en application.

1. Ramener à zéro ses émissions liées à ses déplacements personnels oblige forcément à tout faire à pied, voir à vélo (ou équivalent), si on néglige la fabrication de l'appareil. Évidemment, il n'est pas donné à tout le monde de pouvoir se rendre à son travail, ou en courses, à pied, même s'il faut quand même se souvenir que nos grands-parents le faisaient quotidiennement, aussi ne vais-je pas m'étendre sur cette solution là.
2. La solution suivante consiste à continuer de se passer de voiture personnelle, mais à se permettre les transports en commun, ou le co-voiturage. Si ce choix peut sembler encore très utopiste, je connaît des personnes qui l'ont fait, et je tiens à leur dire ici ma profonde admiration. Bien que cette solution entraîne forcément des dégagements de CO2 (quand on parle en cycle de vie, même le métro ou les tramways émettent du gaz carbonique), je serai bien incapable de chiffrer ceux-ci. Je considère donc ceux-ci comme négligeable dans le cadre de cette étude...
[En espérant que la popularité croissante de ce site nous permettra d'apporter plus d'informations -via nos forums ?- aux personnes qui souhaiteraient franchir le pas, je vais privilégier la concision (c'est pas gagné ;-) !) en ne m'étendant pas non plus sur ce sujet là.]
3. La dernière solution qui puisse être regroupée dans cette partie, concerne l'emploi d'un véhicule électrique (la combustion mixte ne fait que réduire l'essence utilisée).

Autant le dire tout de suite, un véhicule électrique à 2 petites contraintes : une autonomie d'une centaine de kilomètres, pour une vitesse de pointe limité à 100km/h. Mais c'est tout à fait suffisant pour la grande majorité des déplacements en ville, surtout si l'on ajoute qu'il suffit d'une simple prise de courant (prise classique de 16 ampères) pour effectuer la recharge (70% en 3 heures). Pour les Parisiens, qui vont forcément tous se ruer sur ce type de véhicule, il faut savoir que les stationnements sont gratuits à Paris, ainsi que les prises des parkings Vinci...

Malheureusement, les modèles ne sont pas très nombreux, mais, en décembre 2004, il doit être possible de se procurer les véhicules suivant :

* Citroën : la Saxo, en véhicule particulier (3 portes 14 250 euros, 5 portes 14700 euros) et utilitaire (pas d'infos) [note du 06/01/05 : bien que la Saxo apparaisse toujours sur Internet (sur des pages de Citroën ou de l'ADEME !), d'après certains milieux autorisés ;-) elle ne se fabrique plus à ce jour], et le Berlingo (pas d'infos).
* Peugeot : le Partner, un seul modèle à 12 550 euros HT.
* Renault : le Kangoo, avec un modèle "classique" ("Electri'Cité", pas d'infos), et un modèle possédant une réserve de carburant permettant de faire 80 kilomètres de plus ("Elect'Road", 30 000 euros).

Si on excepte le modèle un peu particulier de Renault, choisir un modèle électrique ne vous reviendra donc pas plus cher que son équivalent essence (même moins, avec la prime de l'ADEME). Par contre, il ne faut pas espérer faire des économies au niveau de la consommation, puisqu'il vous faudra prévoir un coût de location des batteries d'environ 90 euros par mois (alors qu'un plein vous reviendra à environ 1 euro).

Quoi qu'il en soit, au coût actuel de l'électricité et de l'essence, cela ne vous coûtera pas plus cher de rouler en dégageant 0 gramme de CO2, tout en vous mettant à l'abri des fluctuations du cours du pétrole ! Alors, pourquoi ne pas rêver à une ville propre ? Commencer donc par calculez vos kilomètres quotidiens et le temps où votre voiture vous attend sur un parking...



* Objectif minimal : 250 kg

Comme il ne sera certainement pas facile d'abandonner immédiatement nos habitudes de "grands" déplacements (plus de 100 km), je vais affecter la moitié de nos rejets à ce poste, l'autre moitié étant probablement déjà engloutie par notre consommation...

Même si, pour mes recherches, j'ai été amené à recenser les différents types de carburants possibles, je considère qu'ils peuvent tous être regroupés dans cette partie (mis à part, peut-être, l'hydrogène, que je détaillerai dès qu'une solution commerciale verra le jour).

Bilan CO2 des énergies conventionnelles et alternatives dans les applications au transport routier, du puits à la roue[source CCFA (André Douaud)]

Concrètement, une famille de 5 personnes (qui a donc "droit" à 5x250 kg pour l'année), possédant une voiture récente rejetant officiellement 140 g/km, que je m'empresse de majorer de 20% pour obtenir 170 g/km, pourra donc parcourir 7 350 km dans une année. [pour simplifier, on peut prendre une valeur de 1 500 km par personne]

Pour être le plus pratique possible, voilà quelques informations fournit par l'ADEME [Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie] :

Les trois mentions spéciales de l'ADEME pour 2004 :

* Pour leur bon rapport prix de vente /émissions de CO2 :
la Citroën C2 Diesel (12 350 euros / 108 g/km)
la Suzuki Alto essence (7 590 euros / 119 g/km)
* Pour la meilleure vente 2003 de véhicules à moins de 120 g/km :
la Clio Diesel DCI (79 082 véhicules vendus)

le palmarès 2004 des émissions de CO2 :

* Essence [note : une voiture mixte comme la Prius appartient à cette catégorie]
* Diesel

21/05/2005

La consommation

Comme nous l'avons vu dans la partie objectif facile (agir simplement), notre consommation n'a pas de rapport immédiat avec le dégagement de gaz à effet de serre. À part le CO2 dégagé par notre véhicule, quand nous allons faire nos courses, ou celui résultant de la cuisson de nos aliments, il n'est pas facile de se rendre compte de l'importance de ce chapitre. Pourtant, il est primordial.

En fait, si l'implication ne paraît pas immédiate, c'est que les émissions sont réalisées en amont, lors de la fabrication (par l'industrie ou l'agriculture) et du transport. Quoi qu'il en soit, si on revient à notre graphique de base, cela regroupe quand même 42% des rejets totaux, et que ceux-ci soient réalisés par le consommateur, ou pour le consommateur, ne change pas grand chose.

L'important, c'est que vous vous rendiez compte que le simple fait de remplacer votre traditionnel café du matin par un bon bol de chicorée fait de vous un activiste, car vous privilégiez un produit local (nord de la France) plutôt qu'un produit qui vient du bout du monde. Et si cet exemple peut vous semblez anecdotique, malgré les tonnes de café que nous consommons, intéressez-vous un peu à la provenance de tous ces petits objets bon marché que nous achetons sans y faire attention, et vous verrez qu'ils proviennent, 9 fois sur 10, de Chine !

Bien évidemment, le transport ne fait pas tout, mais il est l'un des éléments les plus faciles, avec l'emballage, à appréhender. Ceci dit, la réflexion que nous devons avoir sur notre vision de la consommation va plus loin que ces quelques constats. Si nous souhaitons respecter notre quota de 250 kg, il nous faut carrément remettre en question notre mode de vie !

Or, ce débat dépasse de loin les limites de ce dossier. C'est pourquoi, nous avons entrepris la réalisation d'un dossier dédié à cette notion de consommation, que nous avons dénommé la Décroissance volontaire, et que nous mettons en place dans la section Au foyer, rubrique Cercle familial.