13/10/2005
CO2 et acidité des océans
Notre mode de vie , nous le savons, est emetteur de gaz à effet de serre. Celui dont on parle le plus est le CO2. La combustion des énergies fossiles entraîne la production de dioxyde de carbone. Moins de la moitié de ces émissions est absorbée par les océans.
Au total, ce sont plus de 25 millions de tonnes de gaz carbonique qui se combinent quotidiennement avec l'eau de mer.
Et voici que l’on nous révèle le revers de la médaille : (travaux menés par une équipe internationale composée notamment de chercheurs de trois laboratoires français publiés dans la revue Nature du 29 septembre 2005).
Une fois "absorbé" par l'eau de mer, l'essentiel du CO2 ne va pas rester sous cette forme.
Une partie du CO2 réagit avec l'eau pour former des ions hydrogénocarbonate HCO3–,
puis des ions carbonate, de formule CO32-.
Vous avez peut être quelques souvenirs d’école pour comprendre cette formule :
CO2 + H2O < == > H2CO3 < == > H+ + HCO3 – < == > 2H+ + CO32-.
(un acide est une forme capable, en solution, de libérer des ions H+ ).
Comme dans tout équilibre chimique, si l’on ajoute un des éléments à gauche, on augmente le déplacement de l’équilibre à droite et donc vous fabriquez des ions acides.
Ce que dit la réaction ci-dessus, c'est donc que la dissolution du CO2 dans l'eau de mer acidifie cette dernière.
Les organismes marins (les coraux, tous les mollusques à coquille (huîtres, moules, bigorneaux, etc), tous les crustacés, une large fraction du phytoplancton...) utilisent le carbonate pour construire une coquille.
Ca++ + CO3-- < == > CaCO3
Ils utilisent des ions calcium dissous dans l'eau de mer et les font réagir avec les ions carbonate pour "produire" du carbonate de calcium (calcaire).
Le pH actuel de l'eau de mer est de l'ordre de 8 (donc l'eau de mer est légèrement basique). Si le CO2 augmente, la proportion d'ions carbonate dans l'eau diminue, et donc la formation du calcaire devient plus difficile.
Ce n’est pas simple , mais ce qu’il faut retenir c’est que si l’eau des océeans continue à s’acidifier,( ce qui laisse peu de doutes) « Le scénario standard prévoit que dans environ 50 ans les eaux de surface les plus froides de l'océan, comme en mer de Weddell au large de l'Antarctique, deviendront corrosives pour une forme de calcaire appelée aragonite. Les ptéropodes, mollusques planctoniques nageant en surface et dont la coquille est en aragonite, seront les premiers exposés. »( http://www.actu-environnement.com/ae/news/1279.php4).
«Les récifs coralliens et les planctons sont les premiers touchés. Mais d'autres organismes pourraient aussi en subir les conséquences.»
La réduction de la production d'espèces planctoniques, nourriture de base de certains poissons ou cétacés, risque en effet de perturber toute la chaîne alimentaire.
(…)Les résultats de cette nouvelle étude indiquent que le réchauffement pourrait avoir de sévères conséquences d'ici 50-100 ans sur les organismes vivant dans les eaux plus froides de la planète.
« Un tel environnement corrosif serait sans précédent depuis probablement plusieurs millions d'années.
Pour compléter ces estimations, des expériences en mer ont révélé que les coquilles des ptéropodes se dissolvaient effectivement quand l'eau de mer atteignait les conditions corrosives prévues pour l'année 2100. »
«Bien sûr, on ne peut pas dire sur la base d'une seule étude que la vie sous-marine va être anéantie, conclut Gian-Kasper Plattner. Mais les résultats de cette recherche démontrent une fois de plus qu'il faut absolument réduire nos émissions de CO2.» (http://www.swissinfo.org/sfr/swissinfo.html?siteSect=511&...)
10:08 Publié dans Sciences. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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