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18/11/2005
Interview de Bruno Clémentin par Eric Mainville
Merci à Eric Mainville qui m'autorise à reproduire ici une entrevue avec Bruno Clémentin ( président de l'institut d'études économiques et sociales pour la décroissance soutenable).
(source http://crisedanslesmedias.hautetfort.com/ )
Bruno Clémentin : « Les journalistes ont du mal à parler de décroissance »
Bruno Clémentin est membre du collectif Casseurs de pub. Il fait partie du comité éditorial de la revue La Décroissance. Il est cofondateur de l'Institut d'études économiques et sociales pour la décroissance soutenable (IEESDS). Il est également comédien.
Quelle a été la réaction dans les milieux proches de la Décroissance à la lecture des articles du Monde du 24 septembre dernier ?
Il y a eu pas mal d’échos. Dans l’ensemble, les gens sont contents qu’on lise le mot « décroissant ». Mais ils sont surpris. Ils ne se reconnaissent pas trop dans ces articles. Ils se demandent quels sont ces gens qu’on interviewe et en quoi ce qu’ils disent a à voir avec la décroissance.
Quelles sont les principales critiques que vous feriez concernant ces articles ?
Il me semble qu’ils mélangent un peu tout. Ils présentent le mouvement comme s’il était quelque chose d’uniforme. Des personnes sont interviewées, on ne sait pas trop pourquoi. La journaliste a dû entrer dans un magasin bio, elle a vu des clients et elle en a conclu : « c’est ça les décroissants ». On a un peu l’impression de lire un micro trottoir fait par un élève de 5ème ou de 6ème. C’est un peu court. Au final, l’ensemble remplit quasiment une page du Monde mais c’est vraiment du papier gâché.
Vous voulez dire, du point de vue écologique ?
Non, du point de vue intellectuel.
Peut-on dire que le journaliste du Monde est ironique à l’égard des anti consommation ?
Bien sûr. Nous ne sommes pas pris au sérieux. La journaliste parle des marqueurs, des nez de clown : c’est un peu léger.
Pourquoi, selon vous, les journalistes ne vous prennent-ils pas au sérieux ?
Actuellement, tout le monde pense à travers des schémas de croissance économique. Dans une rédaction comme celle du monde, très peu de journalistes traitent de sujets sous l’angle de la décroissance.
De quel traitement les mouvements « décroissants » font-ils l’objet dans les médias ?
Quand nous menons des actions, les médias en rendent compte. Ca a été le cas, par exemple, lors de la marche pour la décroissance en juin dernier. Mais ça ne suscite pas une grande réaction. La décroissance n’est sans doute pas un sujet qui donne lieu à actualité.
Les journaux n’abordent pas la question de la décroissance parce que c’est contre leur intérêt ?
Non, ce n’est pas contre leur intérêt, mais la logique dans laquelle sont pris les journalistes fait qu’ils ne peuvent nous traiter que par la dérision. En général, ils ont du mal à parler de décroissance. Libé, par exemple, nous traite de tribu. Ca n’est pas très sérieux.
Quel poids représente les mouvements décroissants ?
J’estime qu’il y a en France 500 000 personnes qui vivent proprement, c’est-à-dire sans trop polluer, si on comptabilise les gens de Greenpeace, Sortir du nucléaire, Silence, Nature et progrès, La décroissance… Nous vendons 15 000 exemplaires en kiosque de la revue la Décroissance, à quoi s’ajoutent 5500 abonnés et 2000 ventes militantes.
Propos recueillis par Eric Mainville
Note publiée aussi sur le blog réchauffement climatique et décroissance volontaire
13:30 Publié dans Décroissance soutenable, équitable, volontaire.... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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